Histoire du Presbytère d'Allériot

..Façade de la cure

On retrouve la trace d’un premier presbytère ou maison curiale dans les archives datant de 1731.Ce bâtiment a été vendu et au début des années 1830, il appartient à Pierre GUILLOT et Anne PRAT son épouse. 

 

            Dans l’intention d’obtenir un curé de Mgr. L’Evêque, la commune achète, en 1838, cette propriété. La bâtisse sert alors d’école et de mairie jusqu’en 1847 où elle redevient maison curiale comme elle était avant la révolution. Les bâtiments sont en mauvais état et, à l’occasion de l’installation du curé, la commune fait faire pour 1500 francs de réparations. D’autres aménagements sont réalisés en 1867 et 1868.

            
Mais depuis 1870, pendant la restauration et l’embellissement de l’Eglise, l’entretien du presbytère est complètement négligé. Ne recevant plus le soleil à cause de l’exhaussement de l’Eglise, il devient très humide et les murs en pans de bois menacent ruine. « Il a fallu d’abord édifier la maison de Dieu mais, maintenant, il faut songer à loger convenablement son ministre ! » En 1879, le conseil municipal examine la question et la prend en considération.

             En février 1880, un pan de mur s’écroule et une autre partie de la maison doit être étayée pour éviter les accidents. L’Evêque menace alors la commune de lui retirer son desservant jugeant que la maison curiale devient inhabitable.

             En février 1881, le conseil de fabrique (actuelle commission des bâtiments) demande que le conseil municipal fasse un emprunt de 10 000 francs en garantie sur le bois du hameau de Montagny. Le conseil municipal n’ayant pas la somme en caisse et ne voulant pas engager l’avenir donne un avis défavorable au projet. Le départ du curé est alors décidé par l’Evêque Mgr PERRAUD.

             Dans l’intérêt de la paroisse, la famille MASSON, en accord avec Mgr L’Evêque, accepte de loger le curé qui habitera le château du Piochy de novembre 1882 à juin 1888.

             En juin 1886, le conseil municipal vote la somme de 11 000 francs provenant de la vente de la coupe de Montagny. En juin de l’année suivante, la nouvelle construction est adjugée à François MARGUERITTE entrepreneur à Bey sous la direction de GINDRIEZ architecte.

             Pour obtenir sûrement et promptement l’approbation du ministère de l’époque, d’autant plus qu’on ne demande aucun secours de l’Etat, il est convenu avec l’architecte de présenter un devis qui ne dépasse pas 14 000 francs. Ne figurent dans ce devis que les dépenses strictement indispensables. Les ressources qui doivent y faire face sont les 11 000 francs de la commune, les 1 000 francs de Jean PERRUSSON, président de la fabrique ou commission des bâtiments et les 2 000 francs du curé.

             Toutes les autres ressources (dons de plusieurs familles de la paroisse) sont employées  à faire le mur de clôture  et tous les travaux nécessaires pour achever les appartements.
             Tous les habitants qui possèdent des voitures s’offrent, avec empressement, à faire tous les transports de matériaux.

             Ainsi, en juin 1888, le curé emménage dans le nouveau presbytère en le faisant bénir par l’Abbé GAUTHEY provicaire de Saint Vincent de Chalon.

             Ce pavillon, situé tout près de l’Eglise  est exposé au sud-est et peut bénéficier de l’air et du soleil dont était privée l’ancienne habitation.

             Il comprend quatre pièces au rez-de chaussée autant à l’étage, des greniers et des caves très saines. Les murs sont en pierres des carrières de Chagny, les angles en pierre de taille.détail entrée cure

             La porte d’entrée et les fenêtres sont aussi en pierres de taille jusqu’au carré, terminé par un plein-cintre en briques vernies. Le plein-cintre est surmonté d’une ogive également en briques vernies.

         fenetre

Dans le tympan aménagé entre le cintre et l’ogive ressort une rosace en carreaux de Maubeuge. La frise en briques vernies sur laquelle repose la corniche en pierres de tailles produit un excellent effet. Le toit est couvert en tuiles romaines vernies.

    détail rosace entrée de la cure d'Allériot               

     Les différents tons des briques et des tuiles vernies, sérieusement étudiés par l’architecte, s’harmonisent avec goût et s’inspirent des bâtisses de la région de Sienne en Italie.

          

   Tous ces détails sont, de nos jours, encore visibles. En outre, il ne faut pas oublier la belle terrasse mesurant dix mètres de long sur huit mètres de large offrant une vue fort agréable sur la Saône.

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